Nouvelle chaine économique : Jean-Marc Sylvestre collabore sur B Smart

 

Jean-Marc Sylvestre présentera une émission quotidienne dédiée aux PME et TPE sur la nouvelle chaîne B Smart, lancée par Stéphane Soumier.

 

Depuis le site Le Monde.fr :

 Après des années de matinale, plus question pour Stéphane Soumier de se lever dès potron-minet. Mais pas question non plus d’abandonner l’antenne. L’ancien animateur et directeur de la rédaction de BFM Business reviendra sur le petit écran à partir du 16 juin à 18 heures. Sur sa propre chaîne cette fois. Le passionné de « business » a donné mardi 9 juin le coup d’envoi à BSmart, chaîne consacrée aux PME et aux TPE. « Ce sera la chaîne des audacieux. Nous allons nous concentrer sur quatre thématiques : l’emploi, les PME, la tech et l’impact », a commenté M. Soumier, lors d’une Web conférence de présentation.

Financée par CMI, le groupe de Daniel Kretinsky (actionnaire indirect et minoritaire du Monde), qui injecte environ 4,5 millions d’euros pour 50,01 % du capital, BSmart s’est donné trois ans pour atteindre la rentabilité. C’est Denis Olivennes, le président de CMI France, qui a contacté M. Soumier, lorsque ce dernier a quitté BFM Business, pour connaître ses projets.

Parmi les recrues, Michel Denisot animera une émission concentrée autour des « comex », ces comités exécutifs où se décident les grandes orientations d’une entreprise. « On veut étudier les mécanismes de prise de décision. Il faut en finir avec l’idée du patron tout-puissant. Aujourd’hui, les décisions sont collégiales », a expliqué l’animateur-entrepreneur. Autre figure de la chaîne, Jean-Marc Sylvestre, qui présentera une émission quotidienne dédiée aux PME et TPE. M. Soumier sera, lui, chaque soir à l’antenne, avec des entrepreneurs. Si les petits patrons seront à l’honneur, ce ne sera, en revanche, pas le cas des politiques, qui, eux, sont « partout ailleurs ».

Sur la plupart des bouquets de chaînes, sauf ceux de SFR, disponible le 16 juin sur Free, BSmart arrivera dans les bouquets de Canal+ le 25 juin et chez Orange et Bouygues le 9 juillet. Cependant, elle ne sera pas accessible aux abonnés SFR, l’opérateur télécoms propriété du groupe Altice, son ancien employeur. « Nous n’avons pas reçu de réponse de leur part », élude M. Soumier, qui jure que son départ de BFM Business « s’est bien passé » et ne tarit pas d’éloges sur Alain Weill, actuel PDG d’Altice France. Ce dernier considère-t-il que BSmart ressemble un peu trop à BFM Business ? « Les deux chaînes sont très différentes, BFM Business est un gros paquebot qui réalise 20 millions d’euros de chiffre d’affaires », assure celui qui revendique pour BSmart un positionnement beaucoup plus pointu.

Pour gagner sa vie, la chaîne compte à la fois sur la publicité classique, mais surtout sur le sponsoring d’émissions et les événements. Pour qu’un programme existe, il faudra qu’il ait son annonceur. Manutan (fourniture de mobilier de bureaux), Cegid (logiciels professionnels), BourseDirect ou BNP Paribas font partie des partenaires.

« Le sujet n’est pas de critiquer, mais de servir la soupe, et d’inviter à table les gens qu’on a envie d’entendre. Vous pouvez l’écrire noir sur blanc »

Comment, avec des programmes sponsorisés, les journalistes pourront-ils se sentir libres d’amener de la controverse ? « Le sujet n’est pas de critiquer, mais de servir la soupe, et d’inviter à table les gens qu’on a envie d’entendre. Vous pouvez l’écrire noir sur blanc », s’emporte M. Soumier. BPI, sponsor de l’émission de Jean-Marc Sylvestre, a déjà écrit aux entreprises qu’elle finance pour leur proposer des interviews à l’antenne afin de « gagner en visibilité en présentant [leur] entreprise, [leur] activité, [leur] actualité ». « BPI nous sert de creuset. Nous ouvrons une fenêtre à ces PME qui n’ont pas accès à la presse. Tout le monde pourra venir », ajoute M. Soumier, sans préciser comment seront choisis les interlocuteurs. « Les pressions dont nous pourrions faire l’objet, sont celles de CMI et, sur ce point, le pacte d’actionnaire garantit mon indépendance », assure-t-il.

Pour CMI, qui a racheté les magazines de Lagardère (Elle, Télé 7 Jours, Public…) et Marianne, investir dans une chaîne de télévision est l’occasion d’ajouter une corde à son arc. « Nous sommes déjà présents dans la presse écrite, le Web et l’événementiel. Il nous manquait la télévision à proposer à nos annonceurs, qui pourront ainsi bénéficier d’un dispositif global », précise Claire Léost, sa directrice générale.

Cette dernière espère ainsi faire jouer les synergies, notamment avec Elle, en mettant, par exemple, à l’antenne des émissions autour de la carrière des femmes. Autre intérêt de BSmart, convaincre les nouveaux annonceurs de participer à d’autres projets sur les autres médias du groupe.

Installée dans des studios de la société Banijay, rue Chateaubriand, à Paris, la petite équipe compte entre 20 et 25 salariés. Stéphane Soumier a notamment fait venir Guillaume Dubois, ex-directeur général de BFM-TV ou Pierre Fraidenraich, ancien directeur général de BFM Business. Ce dernier avait brutalement démissionné après la révélation d’une enquête par le parquet national financier sur un forum organisé au Gabon, potentiellement entaché d’irrégularités, et remontant à l’époque où il dirigeait Libération, également propriété d’Altice. « Je ne vois aucun problème avec Pierre Fraidenraich. Comment savez-vous qu’il y a une enquête ? Il est mon ami, et je ne fais aucun commentaire », conclut-il.